L'idée de ce site, puis sa conception, trouve ses origines dans plusieurs constats.

  • Notre espérance de vie s'allonge, c'est un progrès indiscutable à porter au crédit des avancées de la médecine, des moyens d'investigation, de la prévention et des nouvelles thérapeutiques, mais c'est aussi un déséquilibre des dépenses qu'il va falloir prendre en compte et gérer car, généralement, plus l'âge avance plus les pathologies sont lourdes. La maladie d'Alzheimer est, pour les familles affectées, un drame au quotidien et pas, uniquement, à l'occasion de la Journée Nationale de celle-ci.

  • Depuis quatre à cinq ans, des rapports pointent du doigt ce que des sites Internet peuvent apporter à la santé : une information disponible 24 heures sur 24, sept jours sur sept et ce gratuitement pour la Collectivité. Fort bien, mais trop d'information tue l'information, il faut rester accessible au public, délivrer une information claire et rassurante, simple et utile, sinon c'est, à nouveau, favoriser une inquiétude qui pousse à la consultation et à la consommation médicale.

  • Dans le même temps, il se passe peu de mois sans constater la désertification médicale progressive de certaines régions de France ou de certaines de nos banlieues. Si Internet n'a pas pour vocation de remplacer le médecin ou un service hospitalier, cette technologie, indiscutablement capable du pire, peut aussi être le meilleur si elle peut permettre soit de rassurer, soit d'inciter à ne pas négliger une symptomatologie.

  • De nombreuses consultations de ville ou de services d'urgences relèvent d'une bobologie qui, très souvent, aurait pu attendre au lendemain voire même, en laissant du temps au temps, ne pas justifier de consultation. Tous les Urgentistes savent qu'un bon nombre de ces consultations hospitalières nocturnes relèvent plus de la "gratuité" que de la gravité. C'est heureux, mais c'est coûteux.

  • Les praticiens, eux, voient les augmentations de leurs honoraires tributaires d'économies dont ils ne possèdent pas tous les leviers, subissant des comportements dont ils ne sont pas totalement maîtres. Au sortir du cabinet, le Patient devient, en quelques pas à peine, un Client qui, présentant sa carte Vitale et une carte de Mutuelle, est persuadé de ne rien payer alors qu'il ne va s'agir que d'une forme de crédit revolving dont on connaît les effets pervers.

  • Attitude qui n'existait pas il y a quelques dizaines d'années, l'augmentation des cotisations transforme progressivement le patient en un consommateur qui souhaite un retour sur investissement au "vu de tout ce qu'il donne"...

Nous exerçons, pour certains d'entre nous, depuis plus de trente ans. Trente ans pendant lesquels nous avons vu tous les Ministres de la Santé successifs prendre à bras le corps le problème du déficit de l'assurance Maladie. Et, malgré de bien nombreuses mesures, nous en sommes toujours au même point : plus de 7 milliards d'Euros de déficit de la branche Maladie.

Il est évident que nous ne pouvons plus continuer comme cela, et que la spirale doit s'inverser. Notre gouvernement prend des mesures en faveur du pouvoir d'achat, c'est fort louable, mais dans l'inconscient collectif, il ne peut s'agir que d'une augmentation des salaires et des revenus sur lesquels il suffirait de poser une baguette magique Présidentielle. Une autre piste est, également, à suivre, c'est celle d'une réduction des prélèvements. Or, parmi ceux-ci, il faut garder présent à l'esprit que les cotisations sociales, entre les parts patronales et salariales, sont importantes et qu'elles ne peuvent, dans l'état actuel des choses, que continuer à croître.

Si l'on veut, et nous le souhaitons tous, pouvoir prendre en charge dignement nos aînés pour les années à venir, l'alternative est simple : cotiser toujours plus ou favoriser la prise en charge personnelle des petits risques. A nos yeux de Praticiens, confrontés dans la même journée aux deux extrémités de la pyramide des âges, la réponse est évidente.

Depuis quelques mois à peine, le mot est lâché. En plus d'améliorer l'éducation à la santé, il faut favoriser l'éducation thérapeutique, c'est à dire donner des clés pour retrouver la santé et non plus seulement pour la conserver.

Nous sommes convaincus qu'une automédication raisonnable et prudente, loin de détourner le patient de son médecin, contribuera à redonner une Aura justifiée à l'acte médical, et non, comme parfois, à le voir rabaissé à une simple "prestation de service" allant jusqu'à assimiler le médecin lui-même à un écrivain public : "Docteur, faites-moi donc une ordonnance pour..."

C'est une révolution culturelle et elle va provoquer les mêmes turbulences que le projet actuel visant à transférer aux seuls Notaires le soin de régler les divorces à l'amiable, mais nous ne pouvons pas en faire l'économie sauf à accepter un système de santé à l'image de celui de nos amis Américains. Entre cet excès et notre système actuel dont les limites financières sont atteintes, il est impératif et de notre responsabilité de construire un moyen terme équitable et juste.

Notre site, comme bien d'autres certainement, se donne pour rôle d'être un accompagnement au changement, une pierre de plus à l'édifice qu'il faut construire pour contribuer, au moins un peu, à redistribuer les dépenses là où elles sont véritablement les plus justifiées : SIDA, cancer, Alzheimer, Handicaps et dépendance, maladies orphelines, etc..

Notre vision "Médecine Plurielle", relativement inhabituelle sur l'ensemble des sites Internet consultés, vise à montrer que des thérapeutiques différentes existent, que les guerres de religions qui perdurent nuisent à la Santé au sens très large du terme, que l'Homéopathie, pourtant tant décriée, est irremplaçable dans certains cas, enfants ou femme enceinte par exemple, mais qu'elle a aussi ses limites et qu'une infiltration de cortisone, la prescription d'un anti-inflammatoire ou d'un antibiotique, peut se révéler bigrement utile.

Pour paraphraser le message de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie : "les antibiotiques, c'est pas automatique"... les refuser non plus !

Epocrat.com était en avance lors de sa conception, il devient d'actualité et c'était son but. Il ne nous reste plus, maintenant, qu'à résoudre cette quadrature du cercle : être utile à la Collectivité tout en rendant service à chacun, or l'intérêt individuel n'est pas toujours synonyme d'intérêt collectif.

Le nom même du site, hommage au Père de la Médecine, indique notre but : la Santé.