Coup de chaleur  
  
Juillet 2008 : à huit jours d'intervalle, mort de deux enfants "oubliés" en pleine chaleur !


On ne laisse pas un enfant, seul et sans surveillance, dans un lieu clos et confiné même pour quelques minutes.

Ces quelques minutes peuvent, pour n'importe quel prétexte, se transformer en dizaines de minutes et devenir dramatiques. La chaleur dans une voiture, et même en laissant "entrebâillée" une fenêtre, peut atteindre des niveaux auxquels un enfant, surtout petit, ne résiste pas.

Dans une voiture exposée en plein soleil, à plus forte raison si elle est de couleur sombre, la température peut être plus élevée que celle qui peut déclencher des convulsions chez un enfant qui a de la fièvre !

Dans un cas, la température de l'enfant monte par une réaction "interne", dans l'autre, elle s'élève par voie "externe", mais dans les deux situations, non seulement votre enfant a plus chaud, mais, et c'est bien plus grave, il est plus chaud et sans une réaction rapide, vous allez le tuer... et ça va très vite.

Il faut que les expériences, même malheureuses, des uns profitent aux autres pour, si possible, ne pas les reproduire :

"Il y a tout juste vingt-cinq ans, ma fille avait quatorze mois et nous passions des vacances en Espagne, au sud de la Costa Brava, au niveau de l'embouchure de l'Ebre. Ce jour là, il faisait chaud, mais pas réellement plus que d'habitude, avec un ciel qui, sans être couvert, était diffus et laiteux, sans ombre.

Petit T-shirt et chapeau régulièrement humectés, la gamine jouait, à quatre pattes, sur le sable et par quelques centimètres d'eau sous notre surveillance et tout allait pour le mieux. L'heure du déjeuner approchant et ma fille n'étant désagréable que si elle avait le ventre vide, nous quittons la plage pour reprendre notre voiture.

Restée toute la matinée sur un parking, en plein soleil, inutile de dire que l'intérieur était une véritable fournaise aussi, le temps d'installer la petite dans son fauteuil de sécurité, nous laissons vitres ouvertes, portes ouvertes et une ventilation à plein régime ne brassant, il est vrai, que de la chaleur.

Un camion, manoeuvrant à la sortie du parking, nous a bloqués, tout au plus deux à trois minutes, avant de pouvoir rejoindre la route principale et rouler à une vitesse suffisante pour faire baisser la température.

Jusque là, donc, point d'imprudence, mais, ayant remarqué le calme pour le moins inhabituel de ma fille, j'avais orienté le rétroviseur pour la surveiller du coin de l'oeil tout en conduisant.
Elle était en effet si calme qu'elle paraissait dormir dans son fauteuil, la tête sur la poitrine et les bras ballants. Moins d'une dizaine de minutes plus tard, en freinant devant la maison de location, je l'ai vue s'effondrer en avant et rester immobile comme une poupée de chiffon, uniquement retenue par sa ceinture de sécurité.

Je l'ai prise dans les bras, portée jusqu'à la piscine pour la mouiller doucement et la rafraîchir, ce qui l'a réveillée, cinq granules de Belladonna dilués dans un biberon d'eau fraîche, une petite Catalgine nourrisson là dessus... et plus de peur que de mal."
( Michel Berr )

Cette anecdote personnelle n'a d'autre but que de montrer que ça peut arriver à tout le monde, que ça va très vite, qu'il faut rester attentif au moindre comportement "inhabituel" d'un enfant et que profiter d'un éventuel sommeil pour
faire une bien meilleure moyenne en roulant encore un peu,
peut avoir des conséquences dramatiques. La mise en terre d'un enfant, reconnaissable à la taille du cercueil, a quelque chose d'indécent et d'injuste mais, si c'est à la suite d'une négligence, c'est insupportable.

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